Patrick Jannin

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Ajouté le 3 juil. 2019

Eté 19, Viandox et compagnie / les terreurs des terrasses


L'autre soir, dimanche exactement, il faisait chaud, très chaud. Alors avec Isa on est allé se rafraîchir à une terrasse. On s'est trouvé une petite table à l'ombre, et le serveur qui avait tout d'un gros con, s'est révélé assez sympa par la suite. La place avait été interdite à la circulation ce jour-là. Un vigile, tout de noir vêtu, avec un T-shirt estampillé sécurité, marchait au ralenti, sa bouteille d'eau à la main. J'ai demandé, en réglant mon pastis au serveur, si il y avait eu une animation, mais il n'en savait fichtre rien, et s'en foutait pas mal aussi. C'est alors qu'ils arrivèrent ! D'abord par une petite rue sur la droite, puis par une autre, une autre encore. Tous par petits groupes, deux ou trois à chaque fois. Les mecs avec des muscles et des tatouages moches pleins les bras, tous vêtus invariablement d'un marcel blanc et d'un jean troué au genoux, tellement serré qu'on l'aurait cru peint sur leur cul, et de mocassins. Et les nanas, déjà sur le retour, engoncées dans des robes ridicules, avec décolleté obligatoirement plongeant sur leurs plus belles années et chaussures à talons si hauts qu'elles en trébuchent à chaque pas. Ah qu'ils étaient beaux tous ces barbots ! Sûr qu'ils sortaient tous de chez le coiffeur ou de chez l'esthéticienne, les uns avec leur coupe en brosse, bien dégagée au dessus des oreilles, et leur jolie barbe de 2 jours et 10 minutes chronos, et les autres fardées comme de vieilles maquerelles, avec une saloperie de barrette à cheveux, trop grosse et surtout inutile, fixée sur le coté du crâne. Parfois, un groupe s’agglutinait avec un autre, échange de bisous, accompagnés d'une virile tape dans le dos, histoire d'apprécier la fermeté des muscles de l'autre. Puis après quelques rires et mille et uns regards furtifs jetés à la ronde, séparation, et nouveau tour de la place, à la recherche d'une table libre, ou d'un nouveau groupe de marcels-pétasses. Le reste du temps, on ne les voit pas ces gens-là, ou alors très rapidement, car le reste du temps, c'est en voiture, jantes alu et pot bruyant, qu'ils font le tour de la place. Le reste du temps, on s'imagine n'avoir affaire qu'avec des hommes-troncs, qui se baladent dans leurs petites bagnoles rutilantes avec leurs poufs moches, et puis le dimanche arrive, et là on se rend compte qu'en fait il s'agît d'hommes et de femmes étrons.



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